vendredi 28 novembre 2008

PROLOGUE

Hypothèses

Et si l’on émettait l’hypothèse,
L’hypothèse insoutenable
Que la vie sentimentale de cette femme
Douce, sensible, gracieuse et légère,
Et si belle, et qui fût votre mère,
Ait été brisée.
Net.
Comme un pin foudroyé.
Comme un cristal ébréché.
Comme une tête guillotinée.

Est-il envisageable, Oh mon amour,
Que cette mortelle fêlure
Aie brisé votre âme
Au point de vous croire responsable
De cet immense carnage qui n’est vôtre ?

Est-il possible, que des années durant,
Dans le miroir de cette autre vous-même,
En hommage à cette chair sacrifiée,
Vous désertiez les chemins du désir et de la félicité
Pour endosser le lourd parka de la culpabilité ?

Et que je vous entende dire, toujours criant :
« Elle n’a pu être car je suis né » ?

Rassurez vous, Oh mon amour,
Ce ne sont que fausses hypothèses.
Vous êtes dans mes bras,
Et je suis dans les vôtres…

Aucun commentaire: